contemporain : une définition si simple ?

 

"art contemporain" : une locution si courante ! donc présumée être comprise. Eh bien non, cette définition complexe est souvent discutée, alors :
> quelle différence entre art moderne, contemporain et actuel ?

Autre curiosité : en langage courant cette locution ne désigne que l’art plastique bien qu’elle s’applique étymologiquement à tous les arts... mais au fait :
> c’est quoi, l’art plastique ?
> et une oeuvre plastique ?

sujets abscons et rugueux, alors mettons-y un zeste d’humour :

 

Illustration :

cette huile de Thomas Agrinier, en terme de genre, couvre plusieurs définitions : classique et moderne par le traitement des fonds, contemporaine par les sujets, actuelle par les ajouts inspirés de la BD et du street art

Thomas Agrinier

Thomas Agrinier, Deux femmes dans la forêt, 2010, 162x130
(courtoisie l’artiste) ... clic=zoom
 
 

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focus : définition signification art moderne, contemporain, art actuel, art d’aujourdhui ; art plastique et arts visuels

 

une définition si simple...

"Aimez-vous l’art contemporain ?" "oh non, je n’apprécie pas l’art moderne" : bug ! l’art dit moderne s’arrête à la deuxième guerre mondiale ; alors l’art contemporain commence-t-il dès la fin de cette guerre, fin 1945 ?
C’est généralement admis, mais qui pose un problème : elle n’est pas limitée en durée, elle glisse sur le calendrier... et comme les artistes sont mortels (mais si), ils ne seront plus un jour nos contemporains. Pire, pour les "vieux" artistes encore vivants le problème reste : celui qui a commencé sa carrière artistique en 1950 peut-il encore se prétendre "contemporain" en 2017, alors que les gamins qui viennent de sortir des Beaux-Arts se targuent aussi d’en être, les morveux ? qui a tort, qui a raison ?

 

 

 

 

artiste du 20è siècle, tu est décédé ? hop, dans l’trou !

le cas s’agrave encore en considérant l’histoire de l’art (contemporain) :

si notre papy artiste venait à mourir (cas assez fréquent), resterait-t-il encore à son oraison un "artiste contemporain", face à l’Académie qui veille (quand elle ne dort pas) ?
Sacrilège : on ne peut tout de même écarter des monuments comme Pollock, Rauschenberg, Hartung, Warhol, Klein, Sol LeWitt, Fontana, Basquiat et bien d’autres qui, précisément, ont provoqué la transition de l’art moderne à l’étape contemporaine !

Qu’allons-nous faire des papys artistes récemment décédés, s’il ne sont plus dans les "contemporains" et, trop "jeunes", n’ont pas été dans les "modernes" ? Horreur : ils vont tomber dans le vide de la définition, dans l’oubli !

Il va falloir tout de même prendre une décision, et vite car l’eau coule sous les ponts...

C’est alors que dans le milieu autorisé comme on dit, vient doucement, progressivement, sur la pointe des lettres, l’expression "art actuel" ; belle trouvaille, mais… "actuel" c’est tout aussi glissant ?

  artiste contemporain

 

  concrètement, ce problème s’est posé lors d’un de nos rédactions sur l’économie de l’art. Pour trier les éléments économétriques de la base de données de ArtPrice, il a fallu en cours d’extraction retirer les artistes décédés : donc c’est la définition littéraire qui a primé, ce qui montre combien les statistiques peuvent être relatives

 

 

solution : l’art contemporain est un genre

Nathalie Heinich, sociologue au CNRS, propose une approche générique pour différencier le genre moderne du genre contemporain, pour s’affranchir élégamment de la chronologie ; elle l’a exposé (avec les textes d’Almanart) dans le n° spécial "Art Contemporain" de Gestion de Fortune de décembre 2008. Voici, accrochez-vous : le genre contemporain "serait transgressif vis-à-vis des contenus avec le Minimalisme, serait transgressif vis-à-vis des contenants avec Support-Surface, serait du bon-goût avec avec le Nouveau Réalisme, serait frontière morals par la provocation ou le blasphème...", bref il n’est pas lié directement à la chronologie.

Elle conclut que "le mot contemporain n’est pas un terme chronologique, mais un terme générique qui désigne une certaine catégorie d’art ; il correspond non à une période de l’art qu’à un certain nombre de critères".

C’est un regard intéressant car il permet de comprendre pourquoi certaines oeuvres créées aujourd’hui n’apparaissent pas contemporaines (mais modernes ou classiques) et que des artistes chronologiquement modernes seraient contemporains lorsqu’on analyse leurs démarches

Gérard Garouste est souvent comparé au Greco ;
mais l’allusion à Tintin en Chine permet au fin
connaisseur que vous êtes, de ne pas confondre !

 

 

Gérard Garouste,
Le-Centaure-et-le-nid-d’oiseau, 2013
(courtoisie Galerie Templon )
clic=zoom 

C’est donc une histoire de ressenti ; illustrons cela par la "grande" musique : la musique moderne ou contemporaine sont des genres perceptibles de la musique classique, la première se distinguant d’abord par le dodécaphonisme puis une libération totale par les instruments électroniques, alors que la classique répond à des codes précis et fermés

 

.
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échelonnez dans le temps

pour illustrer les époques couvertes par l’art plastique, adoptez donc cette convention pratique :

> art classique : tout ce qui est antérieur à l’étendue du Musée d’Orsay (1848-1914) ; c’est le hors limite pour Almanart

> Belle Epoque : intervalle 1880-1914 correspondant au Musée d’Orsay (qui conserve entre 1848 et 1914)

> art moderne : période d’entre deux guerres, 1914-1945, où démarre le Musée National du Centre Pompidou

> art actuel (ou d’aujourd’hui) : l’art des artistes d’aujourd’hui dont le style et le propos s’affranchissent des précédentes définitions ; spécialité du Palais de Tokyo

> avant-garde : notion relative et éphémère utilisée pour les artistes actuels en pointe d’expérimentation et d’innovation

> art contemporain : appellation convenue qui couvre tout ce qui est perceptible en tant que genre, selon Nathalie Heinich ; utilisez-la sans modération dans les dîners parisiens

 

 

l’art n’est pas si plastique

contrairement au "tout est art" proclamé dans la fougue 68’tarde, l’art plastique n’est pas étirable dans tous les sens, même à chaud... certes, l’art d’aujourd’hui a un côté spectaculaire limite clinquant, ce n’est pas une raison pour y mettre n’importe quoi pour attirer le chaland

> ainsi les performances : d’accord pour les vernissages, avec un verre, mais si je vais voir une exposition, je ne vais pas au cirque... cirque : quelle différence avec performance ? chaud débat : le populisme ambiant pousse l’acteur des rues dans les musées mais jamais, jamais, le soi-disant plasticien ne se verrait au cirque !

 

nuançons : lorsque Mona Hatoum en 1985 traîne ces lourdes
godasses enchaînées à ses pieds, cela a du sens, c’est un geste
artistique ; mais telle action n’appartient pas à l’art plastique

 

Mona Hatoum, Roadworks, 1985
(courtoisie Centre Pompidou) / clic=zoom 

 

 

donc, une oeuvre dite plastique...

...doit être dans le domaine des images et objets qui peuvent entrer dans un patrimoine artistique, collectif ou privé ; ce qui implique qu’il faut :

1/ qu’elle soit pérenne (notez que la photo d’une performance n’est pas une oeuvre, c’est un document sur l’événement)
2/ qu’elle soit exceptionnelle, se dénote par sa qualité, son esthétique, sa créativité, le message qu’elle porte, son pouvoir émotionnel et culturel… ce qui discerne le dessin d’enfant de celui d’un artiste
3/ qu’elle puisse être conservée et/ou collectionnée
4/ qu’elle soit matérielle (notez qu’une vidéo l’est puisqu’elle repose sur un support, comme un tableau sur une toile)
5/ qu’elle ait une valeur marchande, sinon le marché de l’art n’existerait pas et l’on se demande comment les plasticiens vivraient

 en résumé l’art plastique c’est la peinture, la sculpture, le dessin, les estampes (au sens large), les installations, la vidéo, la photographie artistique et tous les mixes de ces techniques, qu’elles soient analogiques ou numériques, si elles sont sur un support pérenne ; point-barre !

 

 

 

et les arts visuels, c’est quoi ?

les "arts visuels" concernent tout ce qui est perceptible à l’oeil… c’est-à-dire presque tout ; tout, donc : rien, rien de précis ;
c’est un débarras ouvert à tous excès : publicité, performance, cirque (sport et défilé militaire ?) s’y engouffrent… le hic : ce ne sont pas forcément des activités artistiques, on y différencie peu distraction et culture ; ne pas confondre TF1 et Arte…

 

 

 



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