les artistes français à l’international

 

un artiste "français", c’est qui ?

un constat : il y a un manque flagrant de visibilité des artistes français à l’international.

C’est un point très douloureux pour les artistes, les amateurs d’art et pour les collectionneurs, qui justifie ce relativement long article.

Cela bouge mais très lentement, ce que montre ce reflet de l’actualité internationale par quelques exemples d’artistes français à l’honneur :

 

 

 

 

 

 

Ben, Le Chant du Critique d’Art
(courtoisie-Musée Maillol)

 

 

> accueil d’Almanart

l’actualité illustrée par une exposition :

> Benjamin Vautier alias Ben, ne peut qu’être un artiste en langue française, puisqu’il se caractérise par des tableaux-écrits (voir son exposition au Musée Maillol jusqu’au 15 janvier 2017
> voici ce qu’il pense des critiques d’art : succulent !
> bêlants, prolixes à dormir, je-me-pousse-du-col, sont en effet des traits de beaucoup de ceux qui actuellement s’autobombardent critiques d’art ; à l’époque de l’image, l’écrit pour être lu doit apporter un éclairage au lecteur sans tomber dans la littérature ni copier le dossier de presse, c’est très difficile ; ce pourquoi Almanart reste court et dans le reportage

22:02 30/09/2011

focus : artiste français dans le monde à l’étranger, artiste plasticicien français international, nationalité de l’artiste

 

 

un artiste a-t-il une nationalité ?

 
désigner un artiste par une "nationalité" indique que ce créateur a choisi de travailler essentiellement dans cette nation-là, quelle que soit son origine : c’est une désignation culturelle, pas administrative, ainsi :
> Julio Le Parc n’est pas un artiste argentin mais français : né en 1928 à Mendoza, il s’est établi à Paris dès 1958
> Louise Bourgeois était une artiste américaine, pas française : née à Paris en 1911, installée à New York en 1938, elle a été naturalisée américaine ; elle y est décédée en 2010
> Huang Yongping est un artistes français : né à Xiamen en 1954, il a quitté la Chine pour la France en 1989 lors de l’exposition Les Magiciens de la Terre à Pompidou ; il travaille à Paris, soutenu par la galerie Kamel Mennour et a co-représenté la France à la Biennale de Venise en 1999
> quand à Pierre Huyghe, présenté comme un artiste français en 29è position d’influence mondiale par le Top 100 Artreview 2015, en fait il vit et travaille à New-York, donc il n’est artistiquement pas français...

 

    quand on parle de "Paris", ce n’est pas de l’espace administratif restreint à 2M d’habitants (l’équivalent d’une moyenne ville chinoise), mais bien de l’espace culturel que forme l’agglomération du Grand Paris de 10M d’habitants : "Paris est plus une ville de culture que de nature" observe l’artiste Gérard Traquandi. De même quand on parle d’un créateur à New York, on ne va pas regarder s’il vit à Manhattan, Brooklyn ou dans le Bronx... sinon on risque d’oublier un certain nombre "d’américains"...

 

Cas plus délicat : ceux qui travaillent de manière durable dans plusieurs pays et sont imprégnés de plusieurs cultures, c’est de plus en plus fréquent :

> par exemple Barthélémy Toguo est installé aussi bien en France qu’au Cameroun (où il a créé une structure d’art) ; mais il a toujours été très mobile : après des études aux Beaux-Arts d’Abidjan, de Grenoble, de Düsseldorf, il n’a cessé de parcourir le monde ; on dira alors qu’il est un artiste Franco-Camerounais (ou l’inverse) et peut-être même "mondialiste"

malgré son travail prolixe et international, Barthélémy Toguo s’est donné
la peine de créer et d’éditer chez Item à Paris (anciens ateliers Mourlot)
une série de lithographies tirées à un nombre et un prix raisonnables >>
Barthelemy-Toguo, lithographie, 2009, 56x76 (courtoisie Item Ed)
 

Et que dire de ORLAN, une artiste du body-art inclassable, internationalement connue, qui vit entre Paris, Los Angeles et New-York ?

 
en conclusion :
1/ la notion de nationalité attachée à la culture, perd de sa signification de nos jours ; pourtant sur le marché cette qualification conserve toute son importance ; paradoxe...
2/ la bonne façon de résumer la "culture" de l’artiste serait celle-ci : "X né à Beyrouth en 1975, vit et travaille à Paris et Berlin" ; finie la nationalité, vive la mondialisation !

 

 

pardon... français, dites-vous ?

 
"Les artistes français encore très largement méconnus sur la scène internationale" : titrait déjà Les Echos le 20/10/2011 (1er journal économique francophone) : à cette époque le 1er artiste français, Combas, vient en 145è position, suivi de Pierre & Gilles en 167è... les premières places sont squattées par des américains et des chinois, suivis des anglais et des allemands : pourquoi pas les français, dont la valeur artistique est reconnue élevée par les étrangers qui les connaissent, pourquoi ces écarts sur le marché ?

Encore en 2012, seuls 6 artistes français sont parmi les 100 premiers : les grands comme François Morellet, Pierre Soulages, Daniel Buren, Sophie Calle, Pierre Huygue et Christian Boltanski et un artiste plus jeune : Anri Sala en 35ème position ; les plus présents sont les américains, allemands, anglais ; il y a le même nombre de Suisses que de Français !

> l’appel de Christophe Leroux (plasticien
franco-américain) est tout à fait opportun :

 

Christophe Leroux, Debout, 2010,
tôle froissée peinte (courtoisie l’artiste)
 

nos boulets culturels :

> je parle mal anglais
> je communique peu, je ne me valorise pas assez dans cette société ouverte
> l’art se bien vend bien à NY, HK... car il est lié au dynamisme économique ; or ici...
> il y eut longtemps, jusqu’à peu, une sorte de snobisme institutionel français envers nous
> je fais de l’art conceptuel ; "l’art français est conceptuel alors que le marché international ne l’est pas" rappelle Antoine de Galbert ; pire ; je fais d’invendables installations...
> de culture catholique française, je n’aime pas l’argent et les marchands d’art, ces siphoneurs !
> bon, eh bien, comme pour être vu en France il faut d’abord l’être ailleurs, je pense que je vais partir ailleurs et tant pis, je ne serai plus un "artiste français" !
...heureusement la situation change

 

Ces problèmes se concentrent surtout sur les artistes plasticiens ; dans le design artistique la question se pose moins : d’abord les stars comme Starck ou les Bouroullec ne sont pas dans les statistiques sauf celles d’Artprice, et la plupart des designers travaillent dans des entreprises (la leur ou d’une marque) et ne sont pas décomptés comme "artistes" ; il en est de même pour beaucoup de photographes qui ne sont pas plasticiens.

 

 
nos sources :
1/ l’indice ArtIndex créé par le Journal des Arts, basé sur un compte de points sur les expositions internationales des artistes, de l’importance de ces expositions et de leur ancienneté ; c’est un indice de notoriété, par opposition aux indices financiers sur le marché tel que Artprice par exemple ; les artistes chinois sont peu présents, les expositions en Chine n’étant pas facilement comptées
2/ Art review publie en fin d’année son traditionnel top 100 du monde de l’art
3/ Artprice analyse en permanence le second marché de l’art et publie des conclusions anuelles
 

 

 

2011 : de bonnes initiatives

rien n’est définitif, dès 2010 des acteurs concourent à promouvoir les artistes vivant en France :

Miguel Chevalier a son atelier à Ivry ; ce pionnier de l’art numérique interactif est connu dans le monde entier ; mais il sort des statistiques internationales car ses installations ne se revendent pas au second marché (enchères)
(courtoisie l’artiste)

> le soutien de mécènes se renforce par les réformes juridiques et fiscales de 2011, pour prendre la relève des institutions publiques à court d’argent

> beaucoup d’initiatives publiques ont été maintenues pendant la crise : Pour les expositions Paris concurrence Londres ou New York qui, eux , ont momentanément plongé

> certaines représentations à l’étranger se démènent (pas toutes !) comme l’Institut Français, l’Alliance Française, mais de manière encore trop dispersée

> un travail à long terme est entrepris par des galeries françaises qui cherchent une dimension internationale, palliant le marché français en panne

 

  > l’ADIAF (Association pour la Diffusion Internationale de l’Art Français) monte en puissance et accentue la visibilité des artistes contemporains vivant en France, avec le soutien du Centre Pompidou   Gilles Fuchs, Président de l’Adiaf [AMA Newsletter 125, octobre 2013] : "en France on avait tendance à penser que l’art était défendu exclusivement par les institutions publiques, un art officiel ... dans d’autres pays il y avait des musées privés sponsorisés par des entreprises, pas en France ; la première chose que l’Adiaf a faite était d’exposer des artistes français venant de collections françaises, que nous avons montrées à l’étranger"

 

2013 : l’année de bascule :

 
suite aux initiatives de 2011, la situation des français à l’étranger va changer mais cela prendra des années ; mais en 2013 le changement est déjà visible, quick look :

 

 

Sophie Calle au musée à Boston :

> fin 2013 elle présente au Isabella Stewart Gardner sa passionnante série "Last Seen" ou "Tableaux dérobés" : réunion d’une photo de l’emplacement, vide, d’un tableau dérobé dans un musée, et de descriptions qu’en font de mémoire les personnes connaissant ces tableaux ; résultat pittoresque comme cette peinture brûlée où ne subsiste qu’un pleureur

Sophie Calle, Le Major Davel, sérigraphie, 1994

des français en Allemagne :

> "Tout Va Bien" l’été 2013 pour Thomas Agrinier, un jeune émergent qui expose à Leipzig en solo, défendu par la Galerie Estace et soutenu par Almanart ; s
un regard d’enfant toujours optimiste voit notre monde curieux dans une "déformation de l’espace-temps au rythme cartoon"

Thomas Agrinier, Tout va bien, 2013, 190x150
(courtoisie Estace-Leipzig)
 
 

> Eric Liot plante ses clous à la Galerie Raphael à Frankfort au printemps 2013 ;
un héritier de la Nouvelle Figuration matinée de pop-art et de BD, un style unique

 

Eric Liot, Nature Morte 2
2012 (courtoisie l’artiste)

Shaka croque la pomme :

> Shaka est à la galerie Nine5 à New York début 2013 ;
un ancien artiste des rues, aussi héritier de la BD et de la Figuration Narrative, dans un style totalement nouveau

Shaka, Comportemement humain,
2012, 190x270 (courtoisie l’artiste)
 
   

les Bouroullec au Musée à Mexico :

> l’été 2013 le MUAC Ciudad (Museo Universitario Arte Contemporáneo) de México expose aussi bien Ronan & Erwan Bouroullec que Yona Friedman

Ronan and Erwan Bouroullec,
structure modulaire (courtoisie Mumac)

"Ceci n’est pas" à Los Angeles :

> c’est la première édition du festival franco-américain Ceci n’est pas à Los Angeles, organisé par l’Institut de France en avril 2013 : 100 artistes des deux pays dans des lieux variés : galeries, centres d’art, le Hammer Museum ;
Bernard Pifaretti y expose à la Galerie Cherry and Martin ; ses dyptiques sont toujours symétriques, expliquant sur son site que "la reprise acte par acte sur la 2è partie du tableau, ne peut que produire un état imparfait qui montre avec plus d’efficacité l’image de la peinture"

Bernard Pifaretti, ST, 2012, 260x200
(courtoisie gal. CherryandMartin,LA)
 

 

 

 

la French May à Hong-Kong :

> le French May Program commence à devenir un succès ; organisé par le Consulat Général de Hong Kong et Macao, il montre toute une série d’artistes dont plusieurs plasticiens :

   

Xavier Veilhan chez Perrotin, Vincent Leroy et ses Kinetic Sculptures chez NEC, Charles Jaulerry à FEAST Projects, Stéphane Couturier à l’ Espace Louis Vuitton, Dominique Laugé à Picture This Gallery, René Burri à l’University Museum and Art Gallery... ; indépendamment Pascal Maljette est à la Galerie du Monde à Macao

> voir aussi : l’art à Guangzhou et Hong-Kong

Romain Jacquet-Lagreze, Vertical Landscapes, 2008

 

Robert Cahen à Hong-Kong :

> la galerie internationale Osage de Pékin, Shanghai, Singapour et Hong Kong, ouvre en fin 2013 un nouvel espace à Hong Kong, inauguré par le vidéaste français Robert Cahen, l’écrivain australien et artiste John Conomos, et l’artiste multimédia basé à Hong Kong Kingsley Ng, dans "une cartographie multifacette de l’image, du son, du texte et de l’espace"

 

voir "Red memory", 2010, de Robert Cahen et John Borst, quelques minutes d’évasion mentale à Hong-Kong

 

 

les français sur le marché, essai d’embellie dès 2014 ?

 
un air d’optimisme souffle sur la visibilité mondiale des artistes français, sans pourtant que le nombre au Top100 Artview 2014 ait encore beaucoup changé ; mais on sent la naissance d’une vague de fond française, plutôt une vaguelette, sachant qu’il y a toujours et encore autant de Suisses que de Français dans le top mondial de 2015 : toujours bonne visibilité de nos éléphants Soulages, Morellet, Boltanski, Buren, Calle, mais de plus jeunes pointent désormais comme le collectif Claire Fontaine ainsi que :

 - Anri Sala dans le Top 100 avant même les éléphants, boosté par le Centre Pompidou en 2012 et par sa représentation française à la Biennale de Venise 2013 ; curieux… car sans ceux-ci serait-il connu ? il n’a pas de site web, produit peu mais parcourt le monde et sa galerie Chantal Crousel est très active

 - Camille Henrot est venue plus tôt, au 63è rang d’Artindex-France 2014 ayant gravi 109 positions en 1 an ! rappelez-vous sa superbe installation au Palais de Tokyo en 2012 ; c’est son film Grosse Fatigue (conçu en résidence à Washington) qui lui a permis de recevoir le Lion d’argent à la Biennale de Venise 2013 ; elle est citée par la presse internationale, bien soutenue par sa galerie Kamel Mennour

Camille Henrot, Grosse fatigue, video13min
(courtoisie l’artiste, Silex Films & Kamel Mennour)

clic = reportage et extrait

Il y a des "mais" : la France a un problème récurrent : la puissance économique et celle de l’art vont de pair ; raison pour laquelle la visibilité des artistes américains est classée en tête, suivie par celle d’Angleterre ; de même au sein de l’Europe : pour qu’en art aussi le couple franco-allemand caracole ensemble, il y a à faire côté français : 6 versus 19 artistes dans les tops en 2014.

Et 2015 sur ce plan économique, le premier rapport sorti (celui de Artprice fin 2015) est pessimiste : il montre que la France sombre sur le marché mondial : les USA, la Chine, l’UK tiennent à elles seules 91% du marché tandis que la France ne pèse plus que 2%.... comme les ingénieurs, les artistes "français" devront-ils s’expatrier pour vivre ?

Conclusion : tant que la France sera économiquement faible, les artistes français le seront aussi sur le marché international, quel que soit leurs mérites...

 

 



à vos petits écrans !

  > le blog d'almanart : curiosité, humour, people, sexy...
 

 

annonces d'événements :


 

hé oh hissez haut !

> cette expression marine vous sort de la bouche en voyant l’exposition virtuelle des Atamanes sur la peinture marine !

 

 ? qui sont Les Atamanes ?

 




 

 rencontrez les artistes en direct

le Salon des artistes en direct pour leurs dernières créations
entrée gratuite à télécharger ici !
au Bastille Design Center, 74 bd Richard-Lenoir, 75011

 


 

les formes et les couleurs novatrices

de Paul Gauguin sont expliquées avec un oeil nouveau dans un livre très illustré mais abordable :
 

le Paul Gauguin de Laure-Caroline Semmer

 

(les couleurs sur Almanart)


 

Barnebys estime vos oeuvres !

nouveau  : Barnebys.fr vous offre une estimation facile d’utilisation pour 15€, certificat sous 48h

obtenez une estimation

Barnebys découvre un dessin de Donald Trump
 


 

fotofever au Carrousel du Louvre

 
"la" foire de la photo contemporaine
sera au Carrousel du Louvre
du 10 au 12 novembre

un succès annoncé : déjà 70 % de galeries fidèles, 30% de nouvelles et 60 % de galeries étrangères

 ? qui est fotofever  ?


 

suivez nous  :  petits écrans :

 

 

Plans et itinéraires du Grand Paris :
Où sont les quartiers d'art ?

 

 

 

Le "Petit Mot" : 10 micro-newsletter/an, gratuites

abonnez-vous, entrez ici votre ad mel :

aucune autre information n'est demandée

 

 

 

 

Mesure d'audience par :

 

 

 

 

 

Le "Petit Mot"
Abonnez-vous, ici
entrez votre mail :

10 newsletter/an, gratuit

 

 

 

 

 

 

nos partenaires :

 

 

 

nos amis en art et design :