les fétiches du surréalisme

 

l’esprit surréaliste persiste :

pour montrer que le surréalisme vit toujours, cette page s’appuie sur les expositions du Centre Pompidou et du Centre Wallonie qui, l’hiver 2013-14, lui ont donné un nouvel éclairage : l’une sur des artistes actuels inspirés par les fondateurs surréalistes, l’autre sur le rôle de la Belgique, pays d’humour que la part déjantée du surréalisme a séduit ; ainsi que sur des expositions de la Galerie Les Yeux Fertiles (une des seules à Paris spécialisée dans le surréalisme)

 

 

 

 

 

 

 

artiste inconnu, Tete-Mecanique-de-
Raoul-Hausmann,
1919, photo / clic=zoom
(courtoisie Berlinische-Galerie et Orangerie)

 

 

Janco-Marcel, Cabaret-"Votair",
1916-1970, sérigraphie/ clic=zoom
(courtoisie Kunsthaus Zurich et Orangerie)
 

le surréalisme illustré par une exposition :

> une des prémisse du mouvement surréaliste est le Dadaïsme : l’esprit Dada est né de l’absurde boucherie de 14-18 ; mais les deux mouvements ont une relation avec la découverte de l’art africain : ce thème intéressant est développé par l’exposition Dada Africa
> vous y découvrez par exemple cette Tête Mécanique de Raoul Hausmann par un artiste inconnu vers 1919, une oeuvre tout à fait surréaliste
> si Dada naît en 1916 à Zurich, Raoul Hausmann était un de ceux qui l’implante à Berlin en 1917
> le rapprochement avec l’art africain vient des mises en scène des Soirées Nègres au Cabaret Voltaire de Zurich qui associent musique, poésie, art et danse, comme le montre cette sérigraphie tardive de Marcel Janco qui reprend sa toile perdue de 1916, seul témoignage pictural du cabaret (notez le masque africain au mur)
> à voir jusqu’au 19 février 2018 à l’Orangerie

surréalisme Dada art

surréalisme Dada art

 

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focus : surréalisme et objet, exposition surréaliste Centre Pompidou Centre Wallonie , artistes surréalistes

 

les sources de l’esprit surréaliste

 
cette page n’est pas l’histoire du surréalisme, il y en a plusieurs sur le web notamment ici ; notre approche est : le surréalisme persiste-t-il encore ? Y répondre nécessite un court rappel de l’esprit du mouvement surréaliste, par ces extraits clés du Manifeste d’André Breton :
> "je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité"
> "le surréalisme repose sur la croyance à une réalité supérieure de certaines formes d’associations, à la toute puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée".

En faisant appel au subconscient, le surréalisme convoque cauchemar, insolite, délire, paradoxe, fantastique... il stimule le réflexe avec les expériences d’écritures automatiques, littéraires ou plastiques, le tout influencé par le psychanalyste Sigmund Freud.

Le surréalisme est donc plus qu’un mouvement daté dans l’histoire : c’est un état d’esprit. Il n’y a donc aucune raison qu’il disparaisse !

> le couple Marcel Marien et Jane Graverol sont de
trépidants artistes surréalistes des années 30 à 70 ;
ils étaient présentés à l’exposition sur les surréalistes belges
au Centre de Wallonie-Bruxelles début 2014
> au sein de sa production très érotique, cette interprétation
de Marylin de 1975 en BD est bien sage mais, nommée
"Parler de soie", reste tout à fait dans l’esprit surréaliste
qui procède souvent par jeux de mots
Marcel Marien, Parler de soie, 1975, collage, 15x12
(courtoisie Centre Wallonie/coll. Province de Hainaut) ... clic=zoom
Marcel Marien

 

Sa présence se perpétue depuis qu’il a été identifié par les précurseurs, sur la scène internationale :

> les pères du surréalisme sont parisiens : Marcel Duchamp comme précurseur en 1914 avec son porte-bouteilles, puis André Breton qui l’officialise en 1924 par son Manifeste ; puis l’esprit surréaliste initial rayonne dans toute l’Europe, notamment à Paris, Bruxelles et à Prague

 : zoom didactique sur le Nu descendant l’escalier de Marcel Duchamp

> ensuite malgré les querelles et séparations, beaucoup de Grands Maîtres ne changèrent pas de genre, comme Magritte et Dali jusqu’à leurs décès respectifs en 1967 et en 1989

> puis l’Est de l’Europe libérée pris la relève, avec le groupe politique Alternative Orange en Pologne (dès 1981), où des artistes contemporains comme le Tchèque Jan Svankmajer :

 

> ce collage est tiré de son extraordinaire film animé
Survivre à ma vie, présenté en monographie par la
Galerie Les Yeux Fertiles, Paris, en 2013
Jan Svankmajer, Survivre à ma vie, 2009, dessin, aquarelle,
collage, 55x92 (courtoisie Galerie Les Yeux Fertiles) ... clic=zoom
 
Jan Svankmajer

 

les beaux-pères du surréalisme sont Belges

> en cette même année 1924 le surréalisme est déjà implanté en Belgique dans les esprits d’avant-garde ; le premier, le groupe bruxellois Correspondance, composé d’écrivains s’y est renforcé de plasticiens dès 1927 : Magritte (qui en fait sera à Paris jusqu’en 1930), Mesens (pour ses collages), Raoul Ubac, Marcel Marien, Jane Graverol, Pol Bury...

> cet animal hybride peint en 1956 est assez suggestif
quand on sait l’intérêt du surréalisme pour l’érotisme

 

> en 1935 un événement passe d’abord inaperçu : dans la petite ville industrielle de La Louvière (province du Hainaut), le groupe politique Rupture organise une exposition surréaliste avec des oeuvres de grands maîtres du mouvement ; ainsi elle jette les bases (en 1939 seulement, pour cause de guerre d’Espagne) du Groupe du Hainaut avec les plasticiens Armand Simon, Marcel Lefrancq, Pol Bury...vite dissout par la guerre

 
> beaucoup d’écrivains et d’artistes volontiers déjantés se sont rapidement greffés autour des précurseurs, par des allers-retours entre Paris et Bruxelles, comme Marcel Marien qui participe aussi au titrage des oeuvres de Magritte
> sa compagne la peintre Jane Graverol passa au surréalisme dans les années 40
> ensemble (avec l’écrivain Paul Nougé) ils créent en 1954 la revue anticléricale Les lèvres nues
Jane Gravero
Jane Graverol, Harmonies naturelles, 1956
(courtoisie Centre Wallonie/coll. Province de Hainaut) ... clic=zoom

 

 

l’esprit surréalisme est Européen

  Centre de Wallonie-Bruxelles de Paris
 

pour montrer l’internationalisation du mouvement surréaliste, l’implication de la Belgique et la complexité des relations entre les écrivains et plasticiens de tous pays d’Europe par le jeu de leurs rencontres, le Centre de Wallonie-Bruxelles a affiché dans son exposition cette très intéressante fresque relationnelle

 

les liens entre surréalistes, fresque
au Centre de Wallonie-Bruxelles de Paris

 

le surréalisme survit à ses créateurs

le surréalisme "officiel" est désormais un genre à frontière variable qu’on apprécie par son côté décalé, quitte à appeler "surréaliste" tout ce qui a une apparence étrange, digne d’un cabinet de curiosités : "surréaliste" est devenu une expression familière

 

> à l’entrée de l’exposition, Wand Du rend hommage
aux stars du surréalisme ; les reconnaîtriez-vous ?
> réponse sur notre page Devinettes 

 

Wang Du, Becompddg, 2013, plâtre
(courtoisie l’artiste) ... clic=zoom
 

 

Wand Du

 

 

 

les fétiches du surréalisme

 
s’extrayant du triangle des Bermudes Duchamp-Breton-Masson par une approche novatrice, l’exposition du Centre Pompidou portait son regard sur les trois fétiches du surréalisme : les "objets trouvés" (ready made), les mannequins (témoins d’anonymat) et les objets d’érotisme et de magie ; une utilisation révélée commune aux artistes de ce genre en toutes époques
 

mannequins, poupées et érotisme

Giorgio de Chirico fut un des premiers à placer un mannequin dans son tableau métaphysique Le Prophète, 1915, qui sera suivi de bien d’autres ; car le mannequin anonyme permet d’imaginer l’étrange, le merveilleux, dans le contexte des travaux de Sigmund Freud.

> la version contemporaine du mannequin s’est transformée, en absence de la tête (Mona Hatoum, Hair necklace, 1995) ou plus fréquemment en masques (Théo Mercier, La compagnie du bon goût, 2012-2013, Mugs en céramique).

 

 

vue générale avec un extrait du film de Luis Berlanga, Grandeur nature
avec Michel Piccoli, devant Poupée de Hans Bellmer, 1936

Luis Berlanga Grandeur nature Michel Piccoli

Les poupées sont aussi ces "objets du désir" que le film de Bunuel a si bien évoquées en 1977 ; un peu avant Luis García Berlanga a placé (image ci-dessus) Michel Piccoli en une situation bien ambiguë en compagnie d’une poupée érotique, dans Grandeur nature, 1973, dont un extrait est projeté en arrière plan d’une des poupées désarticulée de Hans Bellmer

  Dream Doll Creation
 

> Philippe Mayaux, lui, a décomposé sa bien-aimée en petit morceaux exhibés dans une vitrine symbolique ; sympa...

> dans le labyrinthe fantomatique de l’exposition, il y avait un jeu : cherchez la femme ! c’était cette poupée gonflable, mais très convenablement habillée ; dans l’obscurité vous ne vous rendiez pas compte du subterfuge

 

Dream Doll Creation : Cléa,
poupée gonflable habillée, 2013
 
  Meret Oppenheim Ma gouvernante  

les objets "trouvés" :

depuis l’inévitable Porte-bouteilles qu’en 1914 Duchamp fit passer du BHV au musée, quantités d’objets banals ont été "ready-madés" ou "surréalisés"…

> ce qui n’est pas si facile à faire avec talent un des plus habiles, pour rester dans le désir, fut Ma gouvernante que fit Meret Oppenheim en 1936

Meret Oppenheim, Ma gouvernante, 1936
(courtoisie Moderna Museer Stockholm)

 

  Ed Ruscha
 

> dans ce tableau Ed Ruscha, qui souvent revendique l’absence de style par l’utilisation d’objets banals, pose ici une formulation peu compréhensible puisqu’elle signifie "je ne peux pas ne pas le faire"... de plus peinte sur un set de table ; on est comme chez Magritte, dans l’énigme.

 

 

Ed Ruscha, I can’t not do that,
2012, coll.particulière

 

 

 

 

plus d’infos :

> l’exposition au Centre Pompidou (octobre 2013 - avril 2014), centrée sur l’objet et l’érotisme

> l’exposition au Centre Wallonie (février - avril 2014), montrant les collections de La Louvière

 



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