la peinture s’accroche

 

"c’est la fin de la peinture !"

des années a-t-on entendu cela...
Maintenant on voit bien qu’à l’instar du faux crépuscule du papier dans les bureaux et celle des livres, cela n’a jamais été le cas.

Car bien des artistes considèrent que la peinture, par la liberté qu’elle leur donne, permet de "rendre visible l’invisible"(Paul Klee). D’où depuis quinze ans un formidable retour de la peinture qui, décidément, ne décroche pas !

Voici l’anecdotique histoire de la mort de la peinture contemporaine.

 

 

 

 

Stéphanie Varela, Racines et labyrinthes,
2012, mixte sur toile, 73 x 100
(courtoisie Le Sel)
clic=zoom
 

la peinture illustrée par une exposition :

> Stéphanie Varela vous emmène dans sa forêt des songes par le moyen de peintures très colorées où des rhizomes s’étendent sur des images ou des bouts de textes collés : "j’aime l’idée de donner à voir un arbre par ses racines ; elles sont souvent bien plus étendues que sa couronne", ce qui induit une lecture globale, esthétique, et une autre plus incisive
> à voir jusqu’au 22 novembre 2017 à l’Espace Le Sel ( 47 Grande Rue à Sèvres)

Stéphanie Varela artiste

 

> accueil d’Almanart

> sommaire thèmes

focus : peinture moderne et contemporaine ; tableaux modernes et contemporains ; peintres, peindre tableaux ; toiles

 

 
La peinture a résisté à trois chocs majeurs, qui auraient pu la faire disparaître ! les connaissez-vous ?

 

la peinture est morte : vive la peinture !

la première mort annoncée de la peinture résulte de l’avènement de la photographie, au milieu du 19è siècle, vraie bombe dans le milieu artistique. Moins par remise en question du médium que de la manière : pouvait-on encore peindre "pour ressembler au sujet", peindre le réel tel que l’oeil descriptif et objectif (c’est bien le terme) le voyait ?

Jules Ernest Renoux

 

La réponse, négative, a engendré l’impressionnisme dont l’objet est traduire les sensations optiques issues d’un travail direct sur le "motif", à l’opposé du travail en atelier, notamment en plein air grâce à l’invention du chevalet portable et du tube de couleur.

 

 

cet atelier nomade de fin de siècle est celui
du peintre Jules Ernest Renoux, exposé
dans les collections du Petit Palais à Paris

Puis ces deux techniques de peintures (photo et pinceau), suspectées concurrentes, se sont séparées et ont pris chacune leur indépendance ; à l’époque du 19è siècle les métiers d’artiste et de photographe étaient distincts et les lieux d’exposition toujours séparés ; ceci resta tout le 20è siècle, et même un peu aujourd’hui (exemple : la photo au Jeu de Paume et la peinture au MAMVP ; Pompidou vient seulement en 2015 d’ouvrir un département photo).
Les artistes plasticiens, eux, passent depuis longtemps d’un médium à l’autre (voir "la photo artistique") et mixent les techiques comme par exemple peindre une photo ; en fait, la peinture n’est jamais morte, c’est la photo qui a évolué

 

 

 

l’utopisme soixante-huitard...

68’ a créé le deuxième choc : l’acte de peindre ne se portait plus forcément sur un tableau entoilé, encore moins encadré !
Dans les années 60 l’art plastique fut soumis à toutes les expérimentations : performances, installations, greffes d’objets, art optique… la tradition picturale elle-même était contestée par Support-Surface, la peinture gestuelle avec l’Action Painting (Pollock et Mathieu), l’art conceptuel et minimaliste, etc, où le "tableau" n’existait plus.

Pire : l’enseignement des Beaux-Arts de Paris avait à cette époque négligé le dessin et la peinture sur toile, pourissant une génération d’artistes en herbe… et comme certains y sont devenus professeurs, la maladie n’est pas encore complétement résorbée ; peut-être est-ce une raison de la prépondérance de l’art conceptuel à Paris, encore au 21è siècle...

troisième choc : Venise 1964 !
dans ses tableaux de style Combine Paintings, Robert Rauschenberg intègre images et objets du monde réel dans la peinture, abolissant ainsi deux frontières : celle entre peinture et sculpture, celle entre abstraction et figuration. Rauschenberg disait : "un tableau ressemble davantage au monde réel s’il est réalisé avec des éléments du monde réel".
Ce sont ces travaux qui ont été récompensés à la Biennale de Venise en 1964, reléguant au placard et pour un demi-siècle la peinture française traditionnelle qui aura régné jusqu’alors...

 

Robert Rauschenberg, Satellite, 1955
(courtoisie Whitney Museum New York) ... clic=zoom
  Robert Rauschenberg Satellite

Mais dans cette entreprise de démolition systématique de la peinture, on avait un peu vite oublié l’autre acteur principal de l’art : le col-lec-tion-neur !
A qui il faut des oeuvres montrables chez lui, c’est-à-dire transportables, accrochables, de dimensions raisonnables et sans maintenance technique… Mais à l’époque, ce n’étaient que des propos d’affreux bourgeois, les artistes n’avaient pas besoin d’argent pour vivre, leurs idées suffisaient, on était encore dans les 30 Glorieuses ! Toutefois et il en a résulté une créativité artistique jamais plus renouvelée jusqu’à actuellement

 

 

les tendances actuelles :

 
un retour s’est opéré en deux temps, progressivement, vers une tradition révisée :

  Cédric Teisseire Alias

> d’une part dès les 80’s le tableau rectangulaire peint est redevenu en tête des ventes non institutionnelles, même si le support du tableau n’est pas une toile : par exemple Cédric Teisseire utilise beaucoup la toile cirée
> d’autre part dès les 90’s la figuration est revenue en première loge de la peinture ; celle-ci reste prépondérante sur le marché du 21è siècle

Car pour l’artiste, faire un tableau est techniquement simple (surtout depuis la peinture acrylique) et bon marché (face au numérique) ; il demande peu de moyen pour laisser s’exprimer librement son imagination ; chacun peut y développer son propre style.

Cédric Teisseire, Alias, 1997, acrylique épais sur toile cirée
(courtoisie l’artiste) clic=zoom

 

En renaissant, la peinture est devenue libre et à pris des aspects multiples :

  Thomas Agrinier

> la gestuelle nécessite des tableaux de grandes dimensions ; par exemple Thomas Agrinier aime les dimensions permettant des gestes correspondant à l’envergure du bras
> le graffitisme apporte la bombe, souvent utilisée de manière combinée avec le pinceau et la projection de peinture
> le mixage des techniques est fréquent (sérigraphies peintes, mélange dessin-numérique-photo-peinture)
> les supports se diversifient, de la toile tendue à n’importe quoi de rigide ou même souple...

Thomas Agrinier, The joke, 2015, huile , 200x250
(courtoisie l’artiste) clic=zoom

 

 


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> les Atamanes s’intéressent aux Petits Maîtres, ou Second Maîtres de la peinture ; une orientation très originale dans ce domaine -presque inexistant sur internet- de l’art moderne et aussi de l’art contemporain
> leur site de vente propose aussi des expositions virtuelles commentées

 

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de Dick Higgins, un des fondateurs du mouvement Fluxus !

 

 



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