les supports photographiques

 

Un "support de photo" est le dispositif sur lequel est fixée l’image finale, accrochable en cimaise : papier, carton, métal, plexiglas, etc, qui est souvent lié au procédé de transfert du cliché : papier sensible, impression, etc, l’ensemble constituant l’oeuvre d’art. Car au même titre qu’une oeuvre estampée, les artistes intègrent souvent le support d’un cliché comme étant un élément de l’oeuvre achevée.

Les supports pour la photographie ont fort évolué depuis 50 ans, autorisant des oeuvres en très grands formats ou permettant une diffusion à grande échelle, tout en garantissant une parfaite qualité, ce qui pose d’autres problèmes.

 

Voici les techniques principales des supports photo et leurs caractéristiques :

 

 

 

 

Jérome Brézillon, France(s) territoire liquide
série Paysages français, 2010,
(courtoisie Galerie Sit down et BnF) / clic=zoom

 

les supports photo et leurs techniques illustrés par une exposition :

> il s’agit ici d’une autre notion de "support", celui qu’apporte la photo à la mémoire collective du pays à partir de commandes officielles
> la BnF site Mitterrand réunit, sous le titre Le Paysage Français, 40 ans de témoignage par 160 auteurs (dont des célèbres) et 1000 tirages, pour montrer les mutations de la France, de son identité, de son territoire
> c’est aussi, autre angle de vue, un reflet de l’évolution de la photographie, depuis la formidable mission topographique de la Datar (Aménagement du Territoire) dans les années 80, jusqu’à l’approche du 21è siècle où le "paysage devient style" ainsi que le montre cette oeuvre de Jérome Brézillon dans la série Paysages Français
> à voir jusqu’au 4 février 2018 à la BnF

Francoise Janicot et Bernard Heidsieck
> accueil d’Almanart > sommaire fiches pratiques > une photo d’art, qu’est-ce ?
focus : tirage papier support photographique, photo, dibond, Diasec, Picto, plexi-collage, contre-collage, Lambda, cadre photo

 

 

 

 

le support photo fait partie de l’oeuvre

 
 
Peinture, photographie, traitement numérique ?
juste une photo, bien ajustée, d’un mur en Chine, par Pascal Maljette, placée sur support alu
Pascal Maljette

pour l’argentique : l’émulsion photographique une fois développée, est transférée par son tirage sur un papier sensible spécifique que l’artiste choisit, et qui forme le support de l’épreuve

Pour le numérique le photographe a un plus grand choix de supports puisqu’on peut techniquement imprimer ou projeter de l’encre sur à peu près n’importe quel matériau, dans n’importe quelle dimension.

Mais les artistes photographes qui utilisent l’argentique ou la diapo pour des raisons artistiques ou techniques, peuvent user d’une astuce : le transfert sur fichier par numérisation soit d’un tirage papier, soit par projection optique, soit dans certains cas directement depuis la pellicule développée, pour avoir accès aux traitements et impressions numériques.

Contrairement au photographe, l’artiste-photographe intègre intellectuellement le support dans sa démarche, il conçoit une idée visuelle de ce qu’il veut obtenir ; John Batho dit que "la perception d’une image de couleur est (aussi) déterminée par le matériau d’inscription" [Images Magazine, n° spécial HP, 2008].

 

Il vous faut bien distinguer les étapes du passage du cliché au support final :

> pour l’argentique le transfert sur le support se fait après le développement de la pellicule négative ; au cours de ce transfert des effets spéciaux sont alors possibles, comme la solarisation, l’inversion, etc
> pour le numérique ou l’argentique transféré sur fichier, l’impression papier (par exemple) peut se faire immédiatement, avec ou sans traitement informatique intermédiaire ;
l’avantage du numérique est l’envoi du fichier à un laboratoire bien équipé utilisant les procédés Diasec, Picto, etc... (voir ci-après) et équipé d’imprimantes pour de grandes dimensions, travaux proposés avec ou sans supervision de l’artiste.

Puis dans tous les cas viennent d’éventuelles finitions du support : contre-collage sur un Dibond ou une plaque d’aluminium, support spécial, encadrement, etc.

 

Vanessa Buci

Oeuvre numérique tirée sur simple imprimante à jet d’encre, Vanessa Buci, 2001
(courtoisie GMA) ..... clic=zoom

Il faut bien distinguer 4 étapes où les acteurs ne sont pas forcément les mêmes :
 - la prise de vue
 - les traitements amont du cliché (même s’il se réduit à un équilibrage des couleurs) par l’artiste ou au laboratoire
 - le tirage, ou transfert sur support de l’oeuvre par un labo (ou l’artiste pour un petit format et impression simple)
 - la finition ou encadrement en partie par un labo ou et un spécialiste.
L’expérience du laboratoire compte beaucoup dans la restitution finale : l’artiste et lui doivent bien se coordonner pour obtenir un parfait résultat ; c’est une collaboration semblable à celle du lithographe et de l’artiste. Ainsi une photo d’art peut devenir cher, malgré la généralisation des procédés

 

 

 

le tirage sur papier :

consiste à transférer le cliché (argentique ou fichier numérique) sur un support le rendant visible, généralement un papier :

> le tirage jet d’encre (ou tirage Fine art ou tirage pigmentaire) est fait par des imprimantes spécifiques à jet de pigments, parfois de grande dimension, hors de portée d’un artiste ou d’un amateur. Quelques constructeurs comme Epson et par exemple, ont mis au point des pigments et des imprimantes de qualité exceptionnelle et utilisent des papiers de haute qualité voire spécifiques à leur technique (souvent pour des raisons de stabilité)

> le tirage sur papier photosensible (tirage "argentique-numérique") n’est pas réservé à la photographie argentique ! Le transfert s’effectue sur un papier argentique (comme le Fujicolor Crystal Archive bien connu) directement à partir du fichier, en exposant le papier au faisceaux lasers rouge, vert et bleu d’un agrandisseur numérique ; Durst Lambda est le plus connu, d’où le nom de "tirage Lambda" (qui donc ne signifie pas du tout un tirage "standard", mais une marque) ; puis comme c’est un papier photosensible, il est développé, lavé et séché.

Chaque exemplaire de l’oeuvre est imprimé ; comme un réglage préalable est long et implique la collaboration de l’artiste, le prix unitaire dépend selon la dimension et le nombre d’images tirées : entre 500 et 5000€ l’unité !

Le choix du papier est primordial pour les oeuvres de haute qualité ; par exemple les papiers pour jet d’encre Gallery Gold Fiber Silk de Ilford, ou Photo Rag Baryta de Hahnemühle, sont en coton muni d’une couchage barytée (le sulfate de baryum donne l’aspect glacé) ; le choix porte sur l’aspect mat ou brillant, le rendu des couleurs ou des nuances de gris, ceci en fonction du procédé de tirage.

 

le choix du support :

pour les photos argentiques le choix du support papier du tirage se réduit à : dimensions, couleur de fond, sensibilité, grain, aspect (lisse ou non, mat ou brillant, bordure ou non), etc. Si l’artiste ou l’amateur ne fait pas lui-même le tirage, il doit spécifier ces éléments au laboratoire (et pour les vintages espérer que le papier spécifié existe toujours, tous points qui posent problèmes pour les retirages de clichés anciens). Leur encadrement ou mise sous verre est aussi une question importante, liée en partie au choix initial du support : voir notre fiche pratique.

Pour les photos numériques, l’artiste a plus de choix :
> le plus simple et le moins cher est directement de contrecoller le tirage par une colle neutre spéciale sur un support dur (carton, bois, alu...), ce qui convient aux faibles dimensions (voir : les formats)
> il peut lui-même fixer le tirage entre deux plaques de Plexi ou de verre, sans le coller, si la dimension est petite ou moyenne
> pour les moyennes ou assez grandes tailles, un print sur papier est une bonne solution, contrecollé à l’arrière sur un support dur comme l’aluminium, le Dibond ou le Plexi, volontiers décollé du mur de quelque 1-3 cm pour valoriser l’ensemble
> pour les oeuvres imprimées (moyennes et grandes tailles) : évitez le transfert thermique devenu obsolète au profit du jet d’encres pigmentées, plus fiable et exact depuis que les grandes marques d’encre d’impression rivalisent en qualité (HP et Epson sont les plus connues)
> des encollages directs à froid sont possibles sur divers supports (bois, polystyrène, carton...) mais la plupart du temps sont réservés à des publicités ou des oeuvres éphémères
> pour les oeuvres de grande taille et de haute qualité, le jet de pigments est la meilleure technique pour respecter les couleurs : il faut passer par des laboratoires spécialisés d’impression, qui font en même temps le contrecollage du devant de l’image (sur du plexi) et de l’arrière (Dibond, alu) qui favorise sa protection physique et UV.

Dans tous les cas, les tirages de haute qualité utilisent souvent le plexicollage : le tirage est collé à l’arrière sur une plaque d’alu et à l’avant sur une plaque de plexi (appelé verre acrylique) de 3-4 mm d’épaisseur, sans colle, l’adhérence venant de la réaction entre deux composants liquides ; un discret support en alu peut aussi rehausser l’ensemble et sert à l’accrocher. Cela se fait en laboratoire, les licences les plus connues sont :

 - le Diasec qui, généralement, obscurcit les couleur sombres et relève les couleurs vives de sorte que les photos deviennent lumineuses (parfois trop) ; sa couche de protection le plus souvent brillante est flatteuse mais crée des reflets désagréables comme le fait une glace
 - le Picto au contraire a tendance à adoucir la photo ; sa couche de protection est plutôt mate donc ne crée pas de reflet mais elle ne renforce pas non plus les teintes.

S’il est plus cher, le plexicollage est solide et pérenne. Il donne à la photo une belle luminosité, un certain relief et permet le choix du brillant ou du mat : le brillant accroît l’effet de contraste et de vivacité des couleurs, et le mat procure un aspect plus doux et velouté ; deux procédés qui conviennent bien aux oeuvres contemporaines et assez mal aux vintages.

 
Salvador Dali s’est intéressé tôt à la photo et au cinéma, d’autant que cela renforçait son obsession de paraître et de communiquer ; Philippe Halsman et Dali ont collaboré longtemps ; ces stupéfiants tirages d’époque témoignent de la fantaisie emprunte d’humour de cette collaboration.

Philippe Halsman

Philippe Halsman, série Dali Atomicus, 1948, gélatino-argentique ( courtoisie galerie magnum) clic=zoom

Dans tous ces cas il faut veiller :
> à placer à l’arrière un matériaux rigide de protection qui facilite aussi l’accrochage
> à ce que ces procédés comprennent une couche de protection contre les UV.

Après quoi la question de l’encadrement intervient au même titre que n’importe quelle oeuvre.

 

 

la protection des oeuvres :

faut-il rappeler qu’une photo sur papier est sensible aux intempéries : chaleur, humidité, poussières et fumées ? Une protection anti-poussière, anti-UV et à faible Ph est utile (voir).

Dans tous les cas de supports, à long-terme l’oeuvre perd plus ou moins lentement en contraste et en couleur, si elle est exposée à la lumière permanente :
> le cas est avéré pour les vintages mais aussi pour les tirages argentiques actuels
> pour les prints numériques la protection est généralement inclue dans le procédé, mais on n’a pas vraiment le recul pour juger de la dégradation ;
donc deux cas : ou l’oeuvre n’est pas soumise à la lumière naturelle et qu’occasionnellement ou indirectement à la lumière artificielle, et elle n’a aucun besoin de protection, ou bien c’est le cas et un encadrement avec verre s’impose, ce qui est quasi-impossible (et artistiquement peu souhaitable) avec une oeuvre de grand format simplement encolléee.

Attention aux jets de pigments : l’abrasion de la surface, qui est extrêmement sensible ; l’accroc est irréparable ; alors si les conditions de sécurité ne sont pas réunies (hors de portée des enfants et du nettoyage...) : protégez les ! par un verre protecteur pour les petites ou un procédé type Diasec ou Picto pour les grandes.

D’une manière générale les oeuvres photographiques sont délicates, au même titre que le dessin et bien plus que la peinture : lumière directe, poussière, clope, abrasion... autant d’agresseurs. C’est bien connu pour le papier photo-sensible, même actuel. Quant à la durée de vie des transfert déclarés 100 ans par leur laboratoires, allez donc vérifier (on vous le souhaite !)...

On arrive à cette conclusion paradoxale :
si la photo est un procédé d’artiste de plus en plus populaire, la production de l’oeuvre finale est chère, cela bien qu’elle reste un multiple !

 

acheter la photo sans le support ?

Les supports actuels renchérissent beaucoup le coût de réalisation d’une photo ou d’une oeuvre numérique ; cela peut représenter 50% du prix de revient et fixe ainsi un prix de vente plancher. La sophistication du support (protection, rigidité, recherche d’effet ...) augmente encore ce coût et il faut amortir le prix de l’informatique : tout cela explique une partie du prix élevé des photos d’art contemporaines. Et suscite des effets pervers exposés ci-après en bas.

Pour modérer le prix d’achat vous pouvez être tenté d’acheter une photo contemporaine sur simple papier, sans support ni traitement, puisque les supports renchérissent parfois beaucoup le coût de production d’un tirage.
C’est une fausse économie qui de toutes façons exclut les grands formats : si vous le faites vous-mêmes plus tard, cela peut revenir plus cher et certaines options de protection et valorisation de l’oeuvre ne seront plus possibles puisque réalisées au moment même du tirage.

 

 

 

de l’art à sa vulgarisation :

vous êtes amateur et collectionneur ? faites attention à ces risques :

le 1er risque est lié à la facilité de reproduction des oeuvres numériques :
> par la vulgarisation de la chaîne cliché numérique + traitement informatique + impression. Comment dans ces conditions avoir l’assurance que le tirage préconisé par l’artiste sera toujours respecté ? Voyez la remarque de ce grand collectionneur.
Une oeuvre photographique est par définition un multiple, ce qui est déjà une situation particulière puisqu’en art la rareté fait aussi le prix ; si en plus elle se voit dévalorisée par prolifération, elle pourrait sortir du domaine de la collection pour celui de la consommation. Il faudrait alors que son prix soit du même domaine...

le 2ème est lié à la grande diffusion :
on voit souvent des oeuvres proposées à la vente avec plusieurs options :
> choix du format d’une même oeuvre avec des tirages de plus en plus élevés selon la taille (exemple : 30x40, 100 exemplaires, 100€ et à l’autre extrême : 150x200, 5 exemplaires, 5000€)
> choix du tirage simple sur papier, vous laissant le "soin" de mettre le support de présentation ; c’est un leurre : voir ci-dessus.

Soyons clairs : en art ces manières sont peu honnêtes. Elles supposent que l’auteur se désintéresse de la forme et la taille finale de l’oeuvre, or un véritable artiste a une idée précise de sa création jusqu’à sa présentation, sinon il n’est pas artiste mais artisan photographe (qui peut être talentueux, bien sûr) ; donc il vous faut décider ce que vous voulez collectionner : de bonnes photos ou des oeuvres d’art.

Constat : seuls les vrais artistes respectent le collectionneur en limitant leurs oeuvres à quelques exemplaires (3, 5, 12 à l’extrême limite) et en un seul format, celui qu’ils jugent correct sur le plan artistique. Si les marchands continuent de répandre le concept que la multiplication n’est plus un inconvénient... quelle différence y aura-t-il à un moment donné entre le découpage d’une belle image dans un magazine de luxe et une oeuvre d’art ? Remplaceriez-vous un de vos tableaux par une affiche ? Restez vigilants !

 

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