mou-rire de l’art en 2010

 

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> vous aimez deviner ?


en ces pages d’humour l’ordre chrono est inversé / images : clic=zoom lorsque possible

 

 

2010, en milieu de crise, l’humour reste timide :

 

pourtant l’année a débuté à toutes pompes !

> la chaussure que le journaliste héros Muntazer Al-Zaidi lança sur Bush en 2009 sous les applaudissements de la terre (presque) entière, n’a pas encore achevé sa trajectoire ; l’artiste Laith Al-Amiri en avait fait en Irak un symbole de courage, mais il fut rapidement détruit (à l’aide de qui, suivez mon regard...) ; mais voici qu’en février 2010 elle ressurgit en gloire dans notre Palais à nous (celui de Tokyo) 

A quand les jeux olympiques du lancé de godasse ? Ce ne seraient pas les cibles qui manqueraient !

sculpture de Laith Al-Amiri, 2009 (courtoisie Palais de Tokyo)
  Laith Al-Amiri

 

à se tordre... le cou :

> Pauline Thomas a exposé ces 115 photos, au 37 de la rue Charlot, juste à côté de son organisateur le magasin-galerie photos de Fabien Breuvart .

Faussement provoquante, "cette exposition a été conçue comme un appel à repenser notre identité, par-delà les apparences".

 

 

(courtoisie Pauline Thomas et Fabien Breuvart)

Pauline Thomas et Fabien Breuvart

trop vite dit...

> interview sur le Crédac [Magazine, 1er sem 2010] : "nous avons une des salles les plus sublimes d’Ile de France !" ; cette courageuse institution est immergée dans un ancien cinéma en sous-sol d’Ivry banlieue rouge vif, introuvable dans un environnement stressant et boursouflé d’un architecte utopiste des 70’s (les meilleurs années de l’architecture française...) nommé Renaudie, que l’interviewée pourtant estime : "cette architecture est faite pour que quiconque y trouve place, y compris les clochards... aujourd’hui on commence à prendre conscience de sa qualité..." !
Et savez-vous comment s’appelle son site web ? Internet Royal Garden !!! (PS : depuis le Crédac a déménagé)

> "le monde de l’art est une énorme entreprise commerciale sous couvert de bien-séance culturelle" : c’est Herman Daled, collectionneur, soutien d’artiste et créateur de Wiels, qui l’a dit [JDA sept 2010] ; ça doit être vrai

> "...sans non plus chercher dans la continuité généalogique ces déterminismes qui conduisent de l’histoire de l’art à l’historicisme, surtout en évitant toute réduction formaliste..." ; [JdA 293]
Ah mais qu’c’est-y qui cause ben c’t’homme là, l’a fait des études !

> toujours provocateur, cher Pierre Cornette de Saint-Cyr : "certains représentants de l’ordre ne différencient pas un Picasso d’une Mobylette ... comment voulez-vous qu’ils sachent différencier un tag d’un graff ?"
vous non plus ne savez pas ? bouuuuuh : voici la réponse

 

 

un 1er avril zappé

> pas trop marrant le poisson cru 2010, rien en ligne, sauf... chez Almanart (c’est nous !) qui a diffusé cette nouvelle mesure prise en faveur des plasticiens :

"notre cher Ministère (beaucoup trop cher) vole au secours des peintres, s’inspirant du New Deal américain de 1933 qui, après la grande dépression, donna des missions utilitaires publiques aux artistes en nécessité ; ainsi un décret a-t-il instauré dès le 01/04/2010 une mission pour rénover la Tour Eiffel par des peintres au chômage ; comme ceux-ci auront le choix des couleurs ils pourront donc amener leurs assistants émigrés, les brosses étant fournies par le corps du balais de la Ville de Paris"

 

what’s new chez les peoples ?

> Damien Hirst :
"on a tous besoin d’un mobile pour se lever le matin" [interview à l’occasion de l’expo Vanités à Maillol, février 10] ... prenez ça dans le sens que vous voulez

> les gamins Jack Dordsey et Mark Zuckerberg...
rejoignent les croulants Steve Jobs et Bill Gates dans une galerie d’art à New-York, sous forme d’icônes pipolisées : une sorte de Musée Grévin ;
si vous ne savez pas qui ils sont, c’est vraiment grave...

> remember Dali :
"les locomotives ne sont pas des objets proportionnés à moi : ou c’est moi qui suis trop grand ou ce sont elles qui sont trop petites". [Vie secrète de Salvador Dali, par lui-même] ;
encore des chaussures trop petites ! mérite un coup de pompe !

 

  John Crash What's New
John Crash, What’s New ?, 1989
(courtoisie gal.Addict)

 

2010 a vécu sur les Revivals :

 

le MLF mal compris, copié-coulé :

La journée du Mouvement pour la Libération des Femmes s’est commémoré le 8 mars ; on mesure combien cette notion est devenue obsolète par ces quelques non-événements :

> au Centre Pompidou, un ridicule réacrochage par quelques nostalgiques 68’tards (ou 68-tarées) a conduit à ne montrer de la totalité des collections du Centre, que de artistes femmes, inventant ainsi un nouveau sexisme : l’anti-homme...!

Agnès Thurnauer, Portraits Grandeur Nature, 2007
clic=zoom (courtoisie C.Pompidou)

pourquoi ne pas montrer l’histoire des femmes dans l’art plastique par une comparaison ouverte plutôt que ce bannissement talibanesque ? Nous chez Almanart, nous engageons à respecter les quotas >>

que vivent Germain Richier, Louis Bourgeois, Alain Messager, Riki de St-Phalle, Valéry Export, Titien Trouvé, Aurélien Nemours, Charlot Perriand...

 

> à la passionnante exposition à la Pinacothèque, ni Edvard Munch bien sûr ni les commissaires n’ont eu à se frotter au MLF, sinon ils n’auraient osé afficher ceci sur le parcours :
"la présence obsédante des chevelures féminines (ndlr : tableau Le Vampire de Munch), est le constat de la vampirisation de l’homme ensorcelé par la femme, reprenant le thème baudelairien des Fleurs du Mal..."
 

> le dessinateur Alvaro Oyarzun, lui, ne s’y était pas trompé, en exposant entre autres ceci à l’espace Vuitton !

dessin de Alvaro Oyarzun, 2010
(courtoisie Vuitton)
Alvaro Oyarzun  

 

on se marrait bien, il y a 100 ans !

Connaissez-vous ce canular célèbre, datant d’un siècle ? En 1910 fut peint cet unique tableau de Boronali, alias Lolo, l’âne d’une bande de rigolards du Lapin Agile !
En fait, seule la queue de l’âne servait de pinceau ; quelques traits y ont été ajoutés, le fond étant préparé d’avance ; il n’empêche, on est en début de querelle entre l’abstrait et le figuratif, et l’art abstrait y a reçu le coup de pied de l’âne !

voir les documents d’époque

  Boronali Lolo

 

heureusement Ben est là !

 

"l’art contemporain me fait rire !"

> ...clame l’inénarrable Benjamin Vautier qui, lui, nous rem-plie de joie et nous pouffe de sous-rires, que ce soit à son expositin chez Lara Vincy Paris ou à sa grande rétrospective au MAC de Lyon

> mais ne résumons pas ce grand artiste à ces aspects volontairement bouffons : il a un regard aigu sur l’art et ses mises en scène théâtrales sont très travaillées ; l’humour dissimule une critique pointue

> Ben est né à Naples, il vit et travaille à Nice : des dispositions pour un regard ensoleillé ; il créé en 1958 un Laboratoire-galerie comme espace de rencontre et y commence ses peintures-écritures ; une implication dans Fluxus lui confirme son esprit d’ouverture, que traduit son extraordinaire site web ; il devient célébre lorsque sa Boutique (une grande installation en forme de cabane) entre en 1977 au Centre Pompidou ; il est représenté à Paris par la galerie Lara Vincy

 

Benjamin Vautier Ben

 Ben, L’art me fait rire, 2010
 (courtoisie Ben et gal.Lara Vincy)
 

L’ART CONTEMPORAIN ME FAIT RIRE DE PLAISIR
QUAND IL DEPASSE SES LIMITES
QUAND MANZONI EXPOSE SA MERDE
QUAND PINAULT ACHETE CHRISTIE’S
QUAND CAGE CREE 4’33 DE SILENCE
QUAND INGRES EST JALOUX DE GERICAULT
QUAND BASELITZ ACCROCHE A L’ENVERS
QUAND LES CHINOIS DEBARQUENT
QUAND LA CRISE POUSSE A TOUT VENDRE
QUAND DAMIEN HIRST VEND UN DESSIN DE SON FILS
QUAND LA CRISE POUSSE A ACHETER
QUAND J’ECRIS REGARDEZ MOI CELA SUFFIT
QUAND ARMAN ACCUMULE 300 CHAISES
QUAND JE NE SAIS PLUS QUOI PEINDRE
QUAND RAMETTE MARCHE SUR L’EAU
QUAND WIM DELVOYE TATOUE DES COCHONS EN CHINE
QUAND WARHOL DIT HA HA HA
QUAND TOUT DEVIENT ART
QUAND ISOU DIT JE SUIS LE SEUL
QUAND GODARD PARLE A LA TELE
QUAND RAUSCHENBERG EFFACE UN DESSIN DE DE KOONING
QUAND HAINS FAIT LA TOURNEE DES BARS
QUAND J’ECOUTE JEAN-JACQUES LEBEL RACONTER
QUAND UN JASPER JOHNS COUTE 5 MILLIONS DE DOLLARS
QUAND UNE FOIRE OUVRE CHAQUE JOUR DANS LE MONDE
QUAND KOONS S’ENVOIE EN L’AIR AVEC LA CICCIOLINA
QUAND PAIK MET DES JOURNAUX DANS SES SANDALES
QUAND EVA ET ADELE SE SEPARENT POUR ALLER AUX TOILETTES
QUAND LES GALERIES METTENT LES COLLECTIONNEURS
SUR LISTE D’ATTENTE
QUAND BAUDRILLARD DIT « L’ART CONTEMPORAIN EST NUL »
QUAND UNE ŒUVRE D’ART CONTEMPORAIN A BESOIN
D’UNE NOTICE DE 200 PAGES
QUAND LES ARTISTES FONT SEMBLANT DE NE PAS SE CONNAITRE
QUAND LES CURATORS SE PRENNENT POUR DES ARTISTES
QUAND RAYNAUD DEMOLIT SA MAISON POUR LA METTRE EN BOITE
QUAND LES ŒUVRES S’ENTASSENT DANS LES RESERVES
QUAND UN CLOU ROUILLE EST PRECIEUX PARCE QUE SIGNE
QUAND ON DIT QUE DUCHAMP A ABANDONNE L’ART
ETC...  Ben

Ben, avril 2010, "L’art contemporain me fait rire de plaisir"
(Courtoisie Ben)

 

 

un grand moment : le Schizomètre de Marco D. !

 

quelle relation entre l’intoxication alcoolique et la poule faisane ?

...la classification, répond Marco D. !

Marco Decorpeliada (1947-2006) le démontre magistralement à la Maison Rouge ; cet artiste "brut" en résistance contre son traitement psychiatrique, a créé une série d’oeuvres appelées Schizomètres, bien dans l’esprit Oulipo (une branche littéraire de la pataphysique) et à la manière de Marcel Duchamp, cet humoriste qui fut admis au Collège de Pataphysique (1959) au rang de "transcendental satrape" et Maître de l’Ordre de la Grande Gidouille [Hervé Le Tellier].

Le décor posé, accrochez-vous un peu, c’est intello mais un régal :

  marco decorpeliada
exemple de Schizomètre, vers 2005
.
(courtoisie association marco decorpeliada)

> si les lois de la physique sont immuables, les scientifiques ont montré l’existence de perturbations, comme le principe d’incertitude d’Heisenberg en mécanique quantique
> les philosophes, eux, considèrent le clinamen (déviation aléatoire d’une loi matérialiste) comme une nécessité vitale

> retournant la perturbation en leur faveur, les écrivains du mouvement Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle) utilisent ce clinamen "comme un mode d’emploi complémentaire à la mise en œuvre des contraintes oulipiennes" [Georges Perec] ; cela donne des résultats succulents, imaginez l’application d’une loi antonymique sur l’oeuvre de Duchamp : La mariée mise à nu par ses célibataires, deviendrait par exemple : La vierge rhabillée par ses amants mariés... dans le genre voici une splendeur (voir en fin de la Présentation)

> les plasticiens eux aussi savent profiter des failles du système, le détournement étant un de leur principal procédé de création ; mais la coïncidence fortuite est moins utilisée, ce que fit pourtant Marco Decorpeliada.

Il a produit des "oeuvres singulières" en relation avec le diagnostic en psychiatrie par lequel il a été personnellement malmené [dossier de presse] ; pour se dérober à cet étiquetage qui l’a emprisonné, il est parti d’un clinamen particulier :

> la numérotation du système de classification psychiatrique (DSM), construit dans les termes du Decimal Metric System (DMS) ; notez en passant l’anomalie qui perturbe l’ordre des lettres DSM et DMS

> et sa correspondance avec les codes, identiques, de produits Picard Surgelés ; par exemple à : "42.0, Trouble obsessionnel compulsif", l’artiste répliqua : "42.0, Carottes en bâtonnets cuites vapeur" !

Cette pirouette libératoire, désopilante par ses ambiguïtés sémantiques, lui inspira différents Schizomètres mettant en rapport ces deux systèmes de classification, par exemple celui-ci (clic=zoom) :

marco decorpeliada

 

  marco decorpeliada
Classification, 2006

(courtoisie association marco decorpeliada)

Marco Decorpeliada a revendiqué dans son journal le caractère oulipien de sa démarche, citant un extrait de Penser/Classer de Georges Pérec : "tellement tentant de vouloir distribuer le monde entier selon un code unique… ça ne marche pas, ne marchera jamais".
Rien d’étonnant que l’humour baroque résultant du processus oulipien (voir Botulisme et Oulipisme de Jacques Roubaud) se retrouve dans la métrique du Schizomètre, savourez donc :
- 52.5 vaginisme = 52.5 sauté de veau
- 45.0 somatisation = 45.0 moules en coquille… irrésistible !

L’artiste exploite aussi un autre clinamen de type laspus, appliqué au mot classification, qui passe à calssification donc à calcification, qu’il a traduit artistiquement par cette dernière oeuvre grotesque (ci-contre) qui, hasard ou malice de mise en scène, fut adossée à une porte "sans issue" du Centre d’art.

 

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