l’art contemporain à Guangzhou (Canton)

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un oeil curieux sur Guangzhou (Canton), 1ère partie : les artistes
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Où est l’art chinois ? à Beijing (Pékin) et Shanghai… c’est un peu court pour un pays de 1,6 milliards d’habitants qui aligne des villes supérieures à 10 millions d’âmes ; comme si un étranger ne connaissait de l’Europe artistique que Londres et Paris, ignorant Bruxelles, Frankfort, Bâle, Berlin…
Berlin, justement, dont autrefois personne ne parlait et qui est maintenant une pépinière de créateurs et d’activités d’art. Canton-Guangzhou, inconnue du monde artistique international... nous parait être le Berlin d’il y a 20 ans.

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Toutes images : courtoisie Almanart et les artistes et galeries citées / Reportage 2010, maj 2015

 

 

1è partie : Guangzhou, ses artistes

  • le Berlin de la Chine ?
  • qui sont les artistes ?
  • d’où viennent les artistes ?
  • l’état de l’art chinois en 2015 
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    2è partie :

  • les acteurs et le marché chinois
  • et Hong-Kong ?
  • des nouvelles de Canton :

    > octobre 2105 : Guangzhou est réputée très corrompue, à dissuader d’acheter de l’art chinois ; le chef des archivistes des Beaux-Arts a remplacé 143 oeuvres par ses copies, pour vendre les vraies aux enchères... le comble est que ses faux ont été recopiés pour faire de même...
    il faut se rappeler que, culturellement, les Chinois sont les rois de la copie -ce qui n’est pas un déli sauf sur le marché international en raison des droits d’auteur- et qu’ils ont une fabuleuse maîtrise technique

     

     

     

    Canton-Guangzhou est-elle le Berlin de la Chine ?

    Guangzhou (Canton en français), au sud de la province de Guangdong au Sud de la Chine, est une mégalopole de 14 millions d’habitants, l’une des plus riche de Chine. A 1 heure de TGV de Shenzhen (15 millions), elle-même à 1/2 heure de RER de Macau et Hong Kong... toutes se toucheront et formeront la plus grande ville du monde.

    Par ses activités industrielles, sa proximité commerciale avec le port Hong Kong, Canton-Guangzhou voit une middle class surgir et des fortunes colossales se constituer. Certains déja lassés des appartements, 4x4 et autres Rolex aspirent à une reconnaissance culturelle par l’art plastique -facile à montrer- traditionnel ou contemporain.

      Guangzhou Canton   Guangzhou Canton   Guangzhou Canton   Guangzhou Canton

     

    L’art est disséminé dans des zones intéressantes :

    > de Liwan à Haizhu : partie la plus ancienne ; au bord du Zhu Jiang (Rivière des Perles)est l’ancienne concession étrangère
    > à l’est de Liwan, des rues piétonnes fortement illuminées
    > le sud-est de Yuexiu est plutôt business et services
    > l’Ile de Ersha est culturelle, sportive et divertissements
    > à son nord : Dong Shan Kou, l’ancien quartier colonial en cours de bobotisation aigüe
    > la partie moderne s’est développée à l’est de Yuexiu, centrée autour de la croix de Thianhe Rd et l’av de Guangzou, grands magasins, etc
    > au nord-est de Kuexiu, Baiyum et ses parcs, musées anciens, lac Luhu.

     

    > clic ici : plan Google-Map

     
    clic sur ce plan= zoom de ce plan

    Attention :
     - les quartiers de Guangzhou-Canton ne sont pas fortement typés, mais plutôt mélangés et partout populaires
     - les distance sont énormes ; les vélos sont rares, les motos interdites, le piéton non prioritaire
     - dans presque tous les quartiers, les buildings high-tech poussent comme des champignons et les autoroutes forment des rhizomes aériens, de sorte qu’on s’y perd facilement ; à comparer : Shanghaï est facile !
     - les lieux d’art ne sont pas concentrés, mais disséminé dans ces zones ; par exemple des artistes ont des lofts dans l’ouest de Liwan ou dans Haizhu ou bien à l’est de Baiyum... ils recherchent des anciens ateliers industriels bon marché pour les réhabiliter, donc leurs emplacement peuvent changer... comme à Berlin

     

    qui sont les artistes ?

     
    d’abord il y a les "officiels" comme partout en Chine ; ces vénérables sont souvent professeurs respectés dans les universités d’art et sont toujours affublés d’une logorrhée de titres ! Ne pas se tromper, si leur art est convenu, leur technique est admirable, en voici deux :

      Runwen Guo
    Runwen Guo, Un monde chaotique, 1996, 119x134

    << Runwen Guo enseigne à l’Institut des Beaux-Arts de Guangzhou ; il y est aussi "Président de l’Ecole d’Arts Plastique, vice-Président exécutif de l’Académie de Institut national de peinture à l’huile et vice-Président de l’Association des peintres", fichtre !

    Zhengyang-Yuan n’a pas de titre ;
    est-ce pour en obtenir un que sa
    peinture (2012 !) est pompier ? >>
    En fait il est connu comme représen-
    tant de la mouvance Réaliste chinoise

    vu à l’exposition Chine-France à Paris 2013
      Zhengyang-Yuan
    Zhengyang-Yuan, Lumiere dans le vent 2, 2012, 150x170

     

    Voyons donc les artistes moins officiels ; Guangzhou est loin des usines d’art de Chaoyang à Beijing qui produisent du "financial art" et autres gadgets à la sauce pop : comme personne de l’étranger n’est encore venu les chercher, ces artistes de Guangzhou sont moins nombreux mais sains, très chinois et fiers de l’être !

      Chan Jialing  

    Danièle Granet et Catherine Lamour expliquent "l’exception de l’art contemporain chinois" [Grands et petits secrets du monde de l’art, Fayard, 2010] : leur nationalisme pousse bien des collectionneurs vers des artistes de qualité mais restés dans la tradition et inconnus hors de Chine, soit classiques (dessins à l’encre, calligraphie…), soit modernes mais avec un style de recopie (elles nomment ces derniers : "sinocentré dégradé").

     

    expo solo de Chan Jialing au Guangdong Museum of Art : lavis, vases, décoration moderne de mobiliers traditionnels
      Chan Jialing

    D’autres collectionneurs se sont ouverts vers l’extérieur -pour des raisons spéculatives aussi- et cherchent des artistes chinois qui ont une visibilité internationale, qu’ils vivent en Chine ou non. Libérés des coutumes, influencés par les courants artistiques mondiaux, ceux-ci savent librement réinterpréter leur culture, avec imagination : nos auteures les nomment "occidentalisant sinocentrés".

      Lu Biaobiao et Feng Feng  

    Ces artistes fusionnent techniques ancestrales et numériques, intègrent les symboles traditionnels (calligraphie, poissons, nature sacrée…) dans ceux du pop-art ou du graffiti, s’affranchissent des motifs collectifs pour représenter l’individu, voire des nus et même de l’érotisme ; ils font "un art pour séduire l’aspiration des chinois à compter sur leurs propres forces de modernisation du pays, tout en confortant les racines du passé" [id].

     expo solo du couple d’artistes Lu Biaobiao (Mme) et Feng Feng (Mr) à la galerie Fei ; ces oeuvres sont en céramique
      Lu Biaobiao  et Feng Feng

     

      Des loft d’artistes : atelier de Wei Sing au Loft 345 ; à Liwan celui de Chen Ben et celui de Mei Yan :
      Guangzhou Loft 345   Wei Sing   Chen Ben   Mei Yan

     

     

    d’où viennent les artistes ?

     
    autodidactes peut-être, souvent formés par un proche ou un Maître, sinon sortis d’une école d’art universitaire. Serge Lipao (galeriste à Paris et expert en art chinois contemporain) observe que, parmi les 6 écoles d’art les plus célèbres de Chine, celle de Guangzhou occupe la 4è place.

    Pour être diplômé d’une grande école, il faut se battre bien plus qu’à Paris : il est courant de voir des jeunes s’exerçant pendant des années pour y concourir. Mais des langues (certainement mauvaises) disent que les diplômes de complaisance prennent une proportion dangereuse pour la renommée des écoles.

    L’enseignement est beaucoup basé sur la tradition : d’abord la copie -une spécialité...- que ce soit d’oeuvres anciennes chinoises ou de modernes européennes, puis la pratique de toutes les techniques anciennes et modernes, enfin la soumission au Maître.
    De sorte que nombre de jeunes gens, excellents techniciens, mais dépourvus d’imagination s’avèrent inaptes à se libérer par eux-mêmes.

     

    étudiants artistes chinois

    une centaine d’étudiants artistes copient à partir de journeaux ou de pages internet ; leurs dessins souvent remarquables sont jetés ou vendus 0.1€ par kilo…

    Conséquence ? Bien des artistes produisent des oeuvres de bonne qualité technique et dans des styles très différents, ainsi sont-ils capables d’adapter leur offre à une demande élargie… exemple remarquable : le peintre Li Weiguang, connu en Chine (mais pas ailleurs) a réalisé toutes ces oeuvres :

      Li Weiguang   Li Weiguang   Li Weiguang

    Dans ces cas, la specificité de l’artiste n’est pas flagrante..., doit-on encore parler d’art ou plutôt d’artisanat ? Pour les Chinois la question ne se pose pas, pour le moment, mais pour le collectionneur occidental c’est un vrai problème : nous déconseillons d’acheter directement, sans conseil avisé.

     

    Nous avons aussi rencontré à Guangzhou de véritables créateurs, ce qui est statistiquement une évidence dans une société aussi nombreuse. La production chinoise sera donc de plus en plus présente mondialement.

     

    L’accueil des artistes étrangers qui résident à Guangzhou est généreux :

    > le peintre Pascal Maljette (voir sa page) qui vivait à Gaungzhou (avant d’être à Hong-kong)

     

    Pascal Maljette

    cette huile symbolise l’élève lié à son Maître
     

    a été invité à participer à la commémoration du terrible tremblement de terre du 12 mai 2008 dans le Sishuan, où une centaine d’artistes ont peint une immense fresque, exposée à Beijing

     

    petit extrait de la fresque de commémoration

    > le sculpteur Daniel Kraus, bien connu en Californie, a un atelier à Gaungzhou et y enseigne à l’Université

     

     

    Parties de cet article :

    • 1 : Guangzhou, ses artistes (cette page)
    • 2 : les acteurs de l’art et le marché de l’art (Partie 2)
     

    Daniel Kraus

     



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